Confinement covid 19

Lundi 16 mars, le réveil sonne à 7h30 nous allons commencer à prendre le petit-déjeuner et nous voyons Claire et Gauthier partir. L’objectif du jour est d’avancer le plus possible car nous avons reçu comme information que les frontières fermaient aujourd’hui. De toute façon on se tient au courant via WhatsApp. Nous ne traînons pas, nous nous mettons en route 3/4h après leur départ, sauf que nous ne ferons pas 1 km avant d’être stoppé par un gros camion-citerne qui nous bouche le passage. Nous patientons un quart d’heure, le temps qu’il termine l’approvisionnement en eau de 2 maisons. L’école se fait en roulant. En cours de route, nous prenons des nouvelles de la famille Picaflor. Nous sommes assez étonnés quand ils m’apprennent qu’ils sont 70 km devant nous. Ils sont partis depuis 4h30 et ils désirent passer la frontière aujourd’hui. Je les informe qu’ils sont entre Claire et Gauthier et nous. Nous nous arrêtons faire des courses dans la ville de Trujillo. Rendez vous est pris , on se rejoint tous au supermarché. Les filles sont ravis de revoir les copines. Claire et Gauthier sont nos éclaireurs et c’est bien pratique car ils nous préviennent que le supermarché où nous avions prévu d’aller est fermé, changement d’adresse pour les courses. La circulation en ville est dense et en arrivant au supermarché, nous apercevons le camion de Gauthier repartir. Un petit signe, on se retrouve plus loin. Je vais commencer les courses pendant que Seb va garer Icidor. Il y a beaucoup de monde et plus aucunes pâtes dans les rayons : il n’y a pas qu’en France où les gens se ruent sur les produits, mais ici on ne sait pas qu’elles seront les moyens de réapprovisionnement. Je prends un peu plus que d’habitude mais je suis vite limité par la taille ne nos placards mais surtout du frigo. Seb et les filles me rejoignent et nous retrouvons les Picaflor avec joie. Nous patientons beaucoup à la caisse puis après un rangement rapide et le plein d’essence, nous reprenons la route et rejoignons Claire et Gauthier qui se trouvent à 30 min d’ici et qui ont fait une pause pour manger et dégourdir les pattes d’Hooli.

Très rapidement, nous faisons un point entre adultes pendant que les filles courent un peu. Nous sommes tous d’accord sur le faite de nous rapprocher le plus possible de l’Équateur. Nous avons sélectionner un point ioverlander avec toutes les commodités, calme, au bords de l’océan. Quitte à être confiner autant l’être dans un endroit sympa. Nous ferons le point régulièrement en route via WhatsApp. Le camion de Gauthier en éclaireur puis Icidor et enfin Picaflor. Les kilomètres s’enchaînent et la nuit tombe. Nous faisons régulièrement des points sur la situation du Pérou et de l ‘Equateur. A l’unanimité nous prenons la décision de rester au Pérou et au vue de l’heure nous n’aurons pas le temps de passer la frontière.

Nous faisons un nouvel arrêt pour le plein d’essence, mangeons tous rapidement et les filles se mettent en pyjama. Nous allons encore beaucoup rouler pour atteindre notre objectif un point ioverlander au dessus de Mancora. Après 765 km nous sommes stoppés par un barrage de police. Impossible de rentrer dans cette ville, il est 0h30 et nous sommes seulement à 40 km du lieu où nous désirons nous arrêter. La police est là et de nombreux locaux essai de parlementer avec les officiers. Au bout d’une heure d’attente, les forces de l’ordre nous disent de nous rendre dans la petite ville juste avant mais nous sommes accueilli de la même manière et ils nous renvoient à Los Organos la ville précédente. Oui, c’est un peu le chien qui se mord la queue. Heureusement, les filles dorment toujours !! De nouveau au barrage, nous réitérons notre demande. Nous leur disons que l’ambassade de France nous dit d’être confiné dans une ville pour avoir accès à des commerces et toutes les commodités nécessaires. Mais rien n’y fait jusqu’à que la capitaine arrive. Nous lui exposons notre situation en utilisant des mots-clés comme : ambassade, sécurité et santé et ça fonctionne. Elle nous dit qu’il faut nous rendre à Mancora la ville suivante qui est beaucoup plus grande et elle nous fait escorter de l’autre côté de la ville pour que nous puissions passer l’autre barrage. Mais c’était trop simple et là c’est un non catégorique ! L’agent dit qu’il est interdit de sortir de la ville. Ok on reste, on se gare au bord de la plage et on avisera demain matin enfin dans quelques heures car il est 3h30 !! La journée a été très longue !!

La nuit a été courte, les filles, elles ont fait une nuit normale. Nous nous retrouvons tous après le petit-déjeuner pour nous rendre en ville et avoir un peu plus d’informations. Nous croisons la capitaine qui est un peu étonné de nous trouver encore en ville. Elle est très émue en apercevant nos 4 filles. Elle nous demande comment elle peut nous aider. Notre réponse est simple nous avons besoin d’un lieu où nous pouvons évacuer nos eaux grises, nos eaux noires, avoir un accès à l’eau et si possible un emplacement avec de l’ombre. Elle nous autorise à stationner sur le parking de la plage. Nous faisons quelques courses au marché et dans une supérette puis nous confions notre linge sale à laver. Les 3 familles en avaient besoin. Puis installation des 3 véhicules sur la plage. Pas d’ombre de disponible alors on se crée un petit cocon pour les 14 jours de confinement en disposant les véhicules en U et on sort tous nos stores.

Notre confinement se passe très bien. La ville de Los Organos est bien approvisionnée. Nous trouvons notre petite routine. Après un bon petit-déjeuner tous ensemble en extérieur, les filles restent au campement pour faire école pendant que les garçons vont aux courses. Un seul représentant par famille est autorisé. Nous mangeons très bien, du poisson frais tous les jours. Soit cuit au barbecue, soit crus en tartare, ceviche… Nous allons même nous rafraichir dans l’océan car il fait très chaud dehors. Un soir nous avons la visite de la serenazgo (police municipal bien armée) qui nous demande de rentrer dans les camions au moment du couvre-feu qui est de 18h à 5h. Nous leur expliquons qu’à l’intérieur il faut vraiment trop chaud et que nous restons confiné sous nos auvent. Il tolère cette réponse mais nous sentons bien qu’ils vont nous surveiller.

Vendredi 20 mars 2020, en fin de matinée nous décidons de tous aller nous rafraichir à l’océan. Gauthier gardera les véhicules. Après une grosse demi-heure, nous entendons la sirène du pick-up de la Serenazgo qui nous ordonne de sortir de l’eau. Nous nous exécutons tout de suite mais ils prennent à parti les hommes et les font monter dans la benne. Bizarrement, aucuns locaux ne sont arrêtés, seulement les étrangers. Adrien, Seb, Lucas (un jeune argentin qui est en toile de tente sur la plage ) et un autre jeune homme. Les filles sont un peu contrariés de voir leurs papas partir avec la police. Nous nous occupons de les doucher, de les faire manger puis avec Cécile nous partons au poste de police pour avoir des informations. Nous prenons leurs passeports, leurs tee-shirts et de l’eau. Ils sont en attente dans un bureau de la police nationale. Nous ne pouvons pas leur parler longtemps, nous devons retourner à la plage. Si nous ne les voyons pas d’ici 1h, nous reviendrons. Un quart d’heure plus tard, Seb s’est fait déposé pour récupérer du cash pour une amende. Ils reviendront tous les 2 avec leur papier et un rappel des règles du confinement. L’amende a été payé sans être enregistrée. Au début, le policier leur demandait 100 $ US chacun et finalement il a récupéré dans sa poche 50 Soles pour les 2. Il nous est interdit de se baigner. Du coup, les filles se creusent une piscine et les garçons achèteront une bache au marché.

Nos journées se suivent et se ressemblent. Il y a eu des petits changements dans l’ordre de nos tâches quotidiennes. Au début du confinement nous avions le couvre-feu de 18h à 5h puis celui-ci est passé de 16h à 5h. Il y a eu aussi l’instauration des journées hommes/femmes. Le lundi, mercredi et vendredi sont des jours où seul les hommes ont le droit de sortir et les mardi, jeudi et samedi se sont les femmes. Le dimanche et les jours fériés tout le monde est confiné. Nos journées types débutent par le petit-déjeuner tous ensemble puis nous réalisons les tâches de vidanges d’eau grise et d’eaux noires et nous faisons les pleins d’eau. Au jerrycan auprès de la police des routes. Puis les garçons vont au marché et à la supérette avec une liste commune et par famille. Nous avons fait un pot commun c’est beaucoup plus simple. Pendant ce temps, il y a école puis préparation du repas de midi. Celui-ci débute parfois à plus de 14h30. Un petit temps calme pour les filles pendant que les adultes jouent aux cartes. Nous avions appris un jeu de carte à Sucre auprès d’autres voyageurs sans connaître son nom. A l’unanimité nous le nommons « Covid ». Puis il est déjà l’heure du couvre feu, les filles s’inventent des jeux, nous préparent des spectacles et nous profitons du très beau coucher du soleil tous les soirs. Nous pensons déjà à préparer le repas du soir : allumer le barbecue, préparer le poisson du jour (thon, coche, daurade, bonite, espadon …), les céréales et les légumes qui les accompagnent sans oublier le dessert (gâteaux aux yaourts, pain d’épices, salades de fruits …). Petit apéro maracuya rhum en attendant la fin de la cuisson du poisson. Les filles vont se coucher et si la fatigue n’est pas trop présente on se refait une ou deux parties de Covid.

Le 1er avril, les filles nous mettent plus ou moins discrètement des petits poissons dans nos dos dès le petit-déjeuner. La journée se déroule comme d’habitude. Nous accordons aux filles le fait de regarder un film toutes les 4 dans Picaflor. Nous sommes en pleine partie de carte quand nous voyons arriver deux 4×4 de la Serenazgo et nous nous retrouvons encerclé par 15 hommes (policiers et militaires armés). Ils nous disent avec un débit de paroles très rapide, que nous ne pouvons pas rester ici, que demain à 6h30 nous devons partir. Nous leur demandons où est ce qu’il faut qu’on aille et ils nous répondent simplement : soit au Nord, soit au Sud.  Nous ne comprenons pas ce changement brutal. Nous demandons juste à avoir une autorisation de circuler délivré par la police. Ils nous répondent qu’il faudra le faire faire demain matin. Après leur départ, la pression redescend. Nous prenons conseil auprès de Philippe (un français installé au Pérou depuis plus de 20 ans). Depuis le début du confinement, il est toujours de bon conseils. Nous le voyons débarquer en pleine nuit tel Batman malgré le couvre feu. Il sera présent demain matin à 6h pour nous accompagner au commissariat de police. Il a même prit conseil auprès de la police de Mancora, qui nous confirme que nous n’avons pas le droit de circuler.

La nuit ne fût pas très bonne, depuis 3h du matin je tourne en rond et préfère même sortir prendre l’air. 5h30 tous les adultes sont dehors puis Philippe arrive. Après discution, seul Adrien ira à la Police avec Philippe. Ils ne feront qu’un aller-retour car les supérieurs ne seront présents qu’à 9h. Petit-déjeuner et retour au front. La réponse de la police est unanime : il est interdit de se déplacer donc on reste. De plus le mari d’une francaise qui tient une agence d’excursion en bateau en face de la plage à appelé le maire pour plus d’informations et il s’est même porté garant pour nous. Ouf on est tous soulagé !! Notre vie de confiné va pouvoir reprendre tranquillement.

Vendredi 3 avril 2020, journée d’anniversaire. Ça va être la fête sur la plage ! Zoé fête ses 8 ans et nous avons tous participé pour lui concocter une belle journée. Après le petit-déjeuner nous commençons les festivités. Le thème est Zoé-Lanta en référence à Koh-Lanta. Nous constituons les équipes grâce à un tirage au sort, nous séparons juste Zoé et Lou. L’équipe de Zoé-Lanta est composée de Léontine, Claire, Cécile et moi-même. Les 3 garçons sont ensemble avec Lou et Éléonore. Chaque équipe fait son cri de guerre et c’est parti pour la première épreuve. Renverser toutes les quilles du Molky dispersées avec le moins de coup possible. Seconde épreuve, tenir le plus de temps possible à cloche-pied en ayant le genou à 90 °. La troisième épreuve sera réalisé que par les filles pendant ce temps les garçons vont au marché. Elles doivent retrouver dans le sable 3 morceaux de bois puis ce sera le parcours du combattant. Un membre de chaque équipe s’affronte. Au départ on rempli une tasse d’eau qui servira à remplir la bouteille à la fin du parcours. On réalise le parcours avec multiples obstacles. La cinquième épreuve se joue au chronomètre. 3 membres par équipe sont désignés pour récupérer avec sa bouche 4 citrons dans une bassine d’eau. Au premier coup, Éléonore mouillera juste son visage et passera le relai mais à son second passage, elle réussi et elle est toute fière et nous aussi. C’est l’équipe de Zoé-Lanta qui gagnera cette épreuve et pourra effectuer la seconde partie pour trouver l’indice. C’est Zoé et Léontine qui sont volontaire. Elles doivent rattraper un citron puis souffler dans un bol de farine pour découvrir l’indice. Elles ont adorés. Chaque équipe réalise une pyramide humaine qui doit rester en place le plus longtemps possible. La dernière épreuve est sur le toucher et le goût. Les filles sont isolées dans Icidor et l’une après l’autre doivent trouver le plus possible les éléments dans des bols. Pour le toucher : lentille, copeaux de bois, croquettes, œuf et sable mouillé. Pour le goût : sauce soja, dentifrice, confiture maracuya, pollen, ketchup. A la fin de chaque épreuve il y avait une pièce d’un rébus à déchiffrer et à mettre dans le bon ordre. J , OIE, YEUX, ANE, HIVER, CERF. Puis elles se mettent à la recherche de la Piñata. Puis au goûter nous mangeons des fruits avec une fondue de chocolat. Au repas du soir lasagnes et gâteau pépites de chocolat pour souffler les bougies. Zoé est ravie de son anniversaire et nous avons passé une très belle journée qui nous a sortie un peu de notre routine et nous a permis de penser à autre chose que le confinement. Demain, une nouvelle journée de confinement…


7 réflexions sur “Confinement covid 19

  1. bonjour à tous les 4, je viens de lire votre épopée et je suis fatiguée! Chapeau à vous pour toutes ces aventures que vous avez surmontées, il me semble, avec beaucoup de sang froid. Bon séjour au Cabanon Tardy (joyeuse guinguette à la campagne!!) Une pensée pour Icidor et grosses bises à vous. Cl et JJ

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  2. Eh bien nous l’avons attendu longtemps ce blog…. mais il est super… Bon pour tout vous dire les ICIDOR sont rentrés en FRANCE, ils sont à quelques mètres de chez nous bien installés dans le Cabanon TARDY, la cohabitation se passe bien avec bien sûr de la distantasion…. je ne suis pas sur de l’orthographe . ils ont plus d’espace que dans ICIDOR et la vie continue… Bisous…. est ce qu’il y aura un blog sur le confinement chez TARDY ?. Bisous.

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    1. merci « Tardy », pour ces précisions ! Icidor doit être resté confiné là-bas , non ?
      vous vous trouvez dans quelle région ?
      et oui bien sûr , on va maintenant attendre un article sur le confinement chez Tardy !

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  3. On est content de pouvoir suivre votre confinement à Los Organos, qui n’a pas du etre du plaisir, mais avec la belle
    entente avec vos amis pour la vie. Les quatre fillettes auront de super souvenirs.

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  4. merci pour ce long compte-rendu de vos journées de confinement ! Zoé a eu une belle journée d’anniversaire dont elle se souviendra longtemps ! Sympas les jeux à la Kho Lanta !
    heureusement que vous êtes à 3 équipages ! c’est plus facile et plus sûr . Léontine et Eléonore ont les copines et vous aussi vous avez de la compagnie !

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    1. Merci Creusoise pour vos commentaires. Nous avons toujours été curieux de savoir comment vous avez connu notre blog ?
      Je suis entrain de réaliser un nouvel article jusqu’à notre retour en France. Je sais que je suis très en retard mais je travaille dessus. Il faudra patienter pour avoir quelques réponses sur Icidor …. 😉

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      1. pas de problème pour le » retard « ; je serai patiente ! Comment je vous ai connus? alors , là , pas sûre à 100% mais il y a deux options et pour vous il me semble que c’est la deuxième; ce qui est sûr c’est que je vous suis depuis le début
        option 1 : par d’autres voyageurs (au gré des rencontres mentionnées dans les blogs
        option 2 : par le site « familles autour du monde »
        en fait j’ai un fourgon aménagé CC et je vadrouille avec une de mes deux petites filles de 10 et 8 ans (à tour de rôle mais c’est avec l’aînée que je pars le plus longtemps) et mes chiennes (une seule maintenant) ; comme je suis seule (comme adulte) , déjà âgée avec des problèmes de santé, je préfère ne pas m’aventurer loin alors je voyage par le biais des blogs de voyageurs . de plus comme je m’occupe de la « scolarité » de mes petites filles (elles ne sont jamais allées à l’école) je m’intéresse plutôt aux familles … bref , vie en CC, découvertes de pays étrangers , enfants à bord , IEF … je prends plaisir à parcourir les blogs surtout de mi novembre à fin mars quand je ne voyage pas !
        vous devez avoir accès à mon mail si vous voulez plus …

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